dimanche 13 octobre 2013

Expulsion préméditée

Mercredi dernier, on est allé visiter la maternité. Je me réjouissais à l'idée de voir où j'allais passer quelques jours, où allait avoir lieu la grande rencontre.
On a commencé par l'accueil où il faut se présenter en arrivant (bon, là, on était détendus et souriants, mais je doute que le jour J on arrive en chantonnant), on est passés à la nurserie (elle nous a montré les produits que la maternité nous donne, c'était sympa), et puis on a vu une chambre pour le séjour avec la crevette. Grande, propre, moderne, belle déco. Le pied.

Ouais, sauf qu'entre la présentation à l'accueil, et le cocooning dans la chambre, il manque une étape.
On est donc tous repartis tel un groupe de scout (et oui, visite collective), arpentant les couloirs à la recherche de la salle de torture. En avançant, je commençais à avoir des sueurs froides, les jambes qui tremblent un peu beaucoup (tu sais, quand tu as fais un gros effort et que ta jambe sautille toute seule). Et là la sage-femme nous a abandonnés devant une porte automatique, elle nous a dit d'enfiler des housses par-dessus nos chaussures, et de la rejoindre de l'autre côté. J'étais déjà pas très vaillante, mais là ça devient de pire en pire. Tout le monde était paré, on commence à avancer quand j'entends derrière mon épaule "attends-moi!". Je me tourne et je vois l'Homme, un pied au sol, l'autre dans sa main, la housse tendue prête à craquer: son pied ne rentre pas. Faut dire que j'ai un spécimen: Monsieur chausse du 49,5 (tu vois ce que c'est des patinettes, les skis mais en plus petit? Ben imagine que tu les as en permanence).
Ça ressemble un peu à ça:


En vrai c'est moins pire, mais quand même:



J'espère qu'il sera plus rapide le jour J.

Et là tu réalises. Non de dieu, ce que tu as traversé ces derniers mois, les matinées à respirer le fond des toilettes, les malaises dans le métro, les boutons de chemisiers qui pètent, les litres de sueur perdus pour monter un étage, les dizaines de prises de sang, tout ça, c'est de la gnognotte, du pipi de chat.
Parce que ce qui t'attend ma grande, tu l'as en face des yeux.
Et ça va piquer.

Bon, je me rassure, le personnel est sympa, la salle est plutôt bien (elle ressemble à ça:)



C'est sûr, j'aurai préféré ça:




Mais c'est toujours mieux que ça...



Après, ils nous ont laissé rentrer chez nous, tranquillement, en attendant que ce moment arrive. J'essaie de me préparer tant bien que mal, mais même si je fais tout mon possible pour penser à autre chose, j'ai quand même une question qui me taraude:
Comment il va mettre ces putains de housses?


Laurie, zen