mercredi 9 octobre 2013

Les convictions pré-grossesse

Avant d'être enceinte, on avait toutes des principes. Certains utiles, d'autres futiles. Peu importe, ils nous ont tous lâchés.

Je serai enceinte mais active
Plutôt simple au début, on commence à vite se transformer en brumisateur géant (si on transpire et qu'il y a du vent) au moindre effort. On fait la vaillante "Non chéri, je vais faire les courses toutes seule, je suis enceinte, pas malade!", mais quand on rentre essoufflée, trempée et avec la tête qui tourne, on remballe vite notre fierté et on demande de l'aide. Le problème c'est que ça va crescendo, au départ on sort moins seule, puis plus du tout, et vers la fin, le simple fait de passer l'aspi ou de faire la vaisselle nous épuise. Quoique, il n'a pas encore été prouvé que la grossesse en est la cause, ça peut aussi être un virus très rare (la flemmingite aiguë) ou un microbe très tenace (le j'en-profite-à-fond).

On continuera (ou on commencera, tout dépend) à faire l'amour comme des bêtes
Ouais, alors ça ... Qui ne s'est jamais dit (ou n'a jamais entendu personne lui dire) "Moi je comprends pas toutes ces futures mamans qui ont oublié qu'elles étaient des femmes avant tout". Et bien comment dire, quand au début on trouve ça mignon d'explorer de nouvelles sensations et de faire preuve d'imagination, vers la fin on a plutôt envie d'en pleurer (de rire) (ou pas). Un gros bide, un mari qui n'a pas compris qu'on n'est plus aussi malléable qu'avant et les gouttes sur le front, c'est pas franchement glamour.
Je resterai sexy quoiqu'il arrive
C'est souvent la même connasse copine qui nous dit qu'il faut pas oublier d'être sexy. Non non, on n'oublie pas. Pas du tout même. Mais le miroir ce qu'il nous dit quand on enfile une petite nuisette, c'est que les rayures ont le mal de mer. Dans notre tête, on rentre toujours dans notre caraco 36/38, dans la réalité, c'est devenu une brassière (mais c'est parce qu'il a rétréci au lavage).

Je pourrais m'asseoir dans le bus
Ah, quelle belle idée! Avant on était la première à laisser notre place aux mamies (seulement les gentilles) et aux femmes enceintes. Faut croire qu'on était les seules, parce qu'aujourd'hui, quand tu rentres dans un bus bondé, tu dois supporter l'aisselle du voisin (obèse) collée à ta joue, les coups de frein du chauffeur et la musique des ados assis dans le fond du bus.

Je resterai connectée à mon bébé en permanence
On se l'est toutes dit, inutile de mentir. On pensait passer notre temps à regarder notre ventre bouger à chaque mouvement, à avoir les mains soudées à notre nombril et à nous émerveiller dès qu'on sentirait un coup. Au début oui, après on trouve ça mignon et on s'habitue, mais à la fin, quand on a l'impression qu'il va nous sortir une jambe par les côtes, on plutôt hâte qu'il soit dehors et qu'on puisse enfin dormir (non de dieu).

Je ne prendrai que neuf kilos
Ça, c'est la théorie, c'est ce qu'on lit dans les bouquins et ce que nous recommande notre gynéco. Au quatrième mois, on a pris 1 kilo, on se dit qu'on est trop forte, comment elles font toutes ces baleines pour prendre 20 kilos à la fin. Au sixième mois, + 6 kilos, on a bien pris mais nous c'est pas pareil, on a un plus gros bébé et plus de liquide (non c'est pas du gras, c'est le poids du placenta), on a encore de la marge. Et puis vient le huitième mois, où la balance commence à afficher un truc qu'on aime pas trop. Alors on se dit que c'est la pile qui déconne, on demande à chéri de se peser, sauf que lui il a perdu 2 kilos. Du coup on fait pas exprès mais la balance se casse en tombant toute seule. On n'a plus le choix, on peut plus se peser!

Je n'irai pas voir sur Doctissimo dès que j'ai mal au ventre
On boit plus que d'habitude: diabète gestationnel. On fait des malaises, c'est de l'anémie. On a mal à la tête: pré-éclampsie. Ça nous tiraille en bas du ventre: fausse couche.
Bref, si t'as mal nulle part, va quand même consulter, on sait jamais.

Laurie, juste enceinte

* Liste non exhaustive, à compléter si besoin.