mardi 5 novembre 2013

A l'origine


Je réalise que je te parle du petit alien qui a élu domicile dans mon ventre, et tu n'en connais même pas l'origine (enfin, pas vraiment l'origine, tu te doutes, je pense (j'espère) de comment il est arrivé là).

On doit être quelque part vers le 25 février 2013. Après avoir délicatement abordé le sujet quelques des centaines de fois, avec l'Homme on remet ça sur la table. Je te retranscrits la scène:
Moi: Alors, tu y as repensé mon chéri d'amour?
Lui: A quoi?
Moi: A ton avis?
Lui: ...
Long silence, je commence à devenir rouge et j'ai une veine qui se dessine sur le front
Lui: Ah, à un bébé?
Moi: Evidemment, au bébé! Et donc?
Lui: Bah ouais, ce serait bien ... Oui, ce serait cool ... Après, je suis pas sûr ... Je sais pas si je suis prêt.
Énième discussion et pourtant, il fait preuve d'une régularité remarquable: toujours la même réponse
Moi: Bon, ça te dit ou pas?
Lui: Oui mais ...
Moi: J'en ai marre maintenant, c'est toujours oui, puis non, et peut-être. Merde. T'as compris?
Les propos suivants ne peuvent être retransmis pour ne pas choquer mes lecteurs
Moi: Prouve-le.
Fin de la discussion. Je pars en faisant un peu la tête. En fait, j'ai envie de le tuer, de faire ma valise, de partir. Mais il fait nuit et un peu froid.

Je vais prendre ma douche et quand je sors, il a changé d'avis, il se sent prêt, me prend sauvagement et me demande en mariage dans la foulée. Non je rigole, il est devant la télé.
Il est 20 heures. J'entends l'alarme sur mon portable, tu sais, celle qui te rappelle que tu dois prendre ton petit cacheton. Je cherche la plaquette justement, et rien.
Alléluia, c'est peut-être un signe. Je l'ai oublié quelque part? Elle a disparu?
Je commence à m'agiter un peu à retourner la maison, et rien. Je demande à l'Homme s'il ne l'a pas vue. Il me dit que si, mais il l'a cachée, c'est sa preuve qu'il est prêt à ce que je l'arrête.
J'avoue avoir laissé s'échapper une petite larmounette (mais c'est parce que j'avais pas fait la poussière).
Bon, c'est parti, on se lance (dans tous les sens du terme). Je me dois de le remercier comme il se doit (c'est la raison que je vais lui donner, en vrai, c'est pour commencer activement le travail le plus tôt possible!).

La vie suit son court et je suis contente d'avoir pu désactiver mon alarme. Un jour, alors que je range le linge qui vient de sécher (ma vie est passionnante), je trouve sous tout un tas d'affaires la fameuse plaquette téléportée. Le tiroir à culottes, bonne planque chéri!
Au fil des semaines (on doit être mi-mars maintenant), je crois ressentir des symptômes, mais en bonne hypocondriaque, je me dis que je les invente. N'empêche, je crève d'envie d'aller m'acheter un test de grossesse en caressant mon ventre, alors c'est ce que je fais.
Je rentre, la vessie pleine d'espoir.
Je sais qu'il vaut mieux le faire le matin, mais je ne peux pas attendre, et je dépose mon précieux liquide sur la bandelette. Je n'attends pas les trois minutes car à peine imbibé, le test me dit que j'ai rêvé, que je suis vraiment timbrée de m'inventer la nausée.
Un peu triste, mais pas dépitée (c'est que le début), je continue ma petite routine.

Quelques jours plus tard, je m'interroge:
Tu te sens fatiguée? Oui
Tu as envie de vomir? Oui
Tu as mal aux seins? Oui
Ni une ni deux, je retourne à la pharmacie, et cette fois je prends deux tests (un pour tout de suite, un pour demain matin, des fois que ça aurait changé entre temps).
Je rentre (j'aurais pu m'arrêter dans les toilettes d'un café, mais je garde un peu de suspense), je baisse ma culotte, donne encore un peu de mon or liquide et attends. Cette fois, je ne veux pas gâcher l'effet de surprise alors je le pose sans le regarder, je m'épile les sourcils et enfin, j'attrape ce bout de plastique et je jette un oeil (juste un, l'autre est fermé). C'est encore non.
Pareil pour celui du lendemain matin.
Je sais que ça ne fait pas longtemps (même pas un mois), mais là, je commence à en avoir marre. Marre qu'il me dise non, mais surtout marre de m'imaginer que je le suis, de croire à ces symptômes qui de toute évidence n'existent pas.
Quelques jours et quatre tests nuls plus tard, je vais chez le médecin, pour un rhume ou je ne sais plus quoi, de toute façon, c'était un prétexte, je voulais lui parler de mon arrêt de pilule.
Il me reçoit et j'en viens très vite au sujet principal: j'ai un tout petit retard (deux jours, et ça n'a jamais été régulier de toute façon) et j'ai la nausée, mais sept tests négatifs me disent que j'invente tout. Et le doc aussi.
Il me prescrit quand même une prise de sang "même si bon, à mon avis, c'est plutôt l'arrêt de la pilule qui a perturbé votre organisme".

Je m'en vais donc me faire piquer la veine, un peu abattue et pas franchement rigolote. Je rentre et je vide le placard à gâteaux (bah quoi, faut bien faire passer le chagrin).
Le lendemain soir, l'Homme et moi on sort, et à notre retour, je vais voir mon résultat sur internet, munie de mon petit code tenu par ma main fébrile et tremblante. J'affiche la page, et là: nom de dieu de putain de bordel à cul Bon sang! Taux de HCG: 107. Ça y est, j'ai enfin la preuve que je n'ai rien inventé (et que les tests de grossesse ne m'aiment pas!). Finalement, il ne lui aura fallu que trois petites semaines pour venir se nicher en moi.
On rigole, on crie, on se prend dans les bras (la suite est censurée).

Ensuite tout s’enchaîne et vous connaissez: les rendez-vous chez le gynéco qui vous examine avec autant de délicatesse qu'un vétérinaire dans une vache, les prises de sang mensuelle pour ma toxo chérie, les échos, la petite valisette maternité ...


Ça, c'est pour ce qui est de son "implantation", dans le prochain épisode, sa croissance in-super-utéro.


Laurie, faiseuse de suspense


PS: Je voulais te mettre des photos de mon ovulation en direct, mais j'ai pas voulu te choquer.