mercredi 5 février 2014

Les convictions post-accouchement

Après vous avoir fait un article sur les convictions pré-grossesse (ici), voici mes convictions post-accouchement, qui se sont toutes faites exploser, je tiens à le dire.

On aura un rythme fixe
En théorie:
18h le bain,
19h le bib,
20h le lit et on dort jusqu'à 5h.

(Ha-ha-ha)

Le vrai rythme:
18h Le bain (ou plus tard, si on est allés en courses, ou qu'on a fait la sieste) (je rigole, je connais pas la sieste)
18h20 C'est marrant de faire caca quand je suis propre
18h30 Début du bib
18h33 Je rote
18h34 Je m'étrangle à force de hurler pour qu'on me rende mon bib
18h40 Je m'endors
18h45 On me pose dans mon berceau
18h55 J'ai fait croire à maman que c'était bon, mais j'ai bien envie de remanger un ptit coup
19h10 J'ai fini mon bib
19h11 J'ai les yeux ouverts et j'ai envie de regarder tout autour de moi
19h20 Ça m'énerve, ça bouge pas assez
19h22 Maman a compris, elle marche, c'est trop cool
19h35 Maman a mal au dos, elle s'assois
19h36 Je hurle

19h45 Elle me redonne le bib, j'en veux pas
19h46 Elle me fait faire mon rot, j'en n'ai pas
19h47 Elle me change ma couche, j'ai rien fait
19h50 Elle me demande ce que j'ai. Comme si j'allais lui dire, c'est trop marrant de la voir chercher!
19h55 Elle me fait de la peine, je me calme. Mais je dors pas, faut pas déconner.
20h20 J'ai encore un petit creux
20h30 Je recrache tout sur son tee-shirt, je l'aime pas celui-là
20h31 J'avais un rot
20h45 Tout ce lait, ça commence à me fatiguer un peu
20h46 Je vais faire un petit somme. Sur maman
20h57 Maman me pose
20h58 Je fais des sourires
21h15 Maman commence à cligner d'un œil et raconte des trucs qui n'ont pas de sens
21h35 Allez, je vais la laisser dormir. Dix minutes.

Pour votre santé mentale, je vous épargne le reste de la soirée.


J'habituerai mon bébé au bruit et à la lumière

C'est génial. La meilleure invention de parents. Sauf que quand ton bambin ne ferme pas l'oeil à cause du bruit et de tata Jeanine qui veut le prendre des bras de papy Marcel, tu as envie de l'isoler, tranquille, et qu'il arrive enfin à dormir.


Mon bébé sera câlin

Tu t'étais fait une idée de ce petit bout qui t'as labouré les entrailles. Tu l'as imaginé beau, bien-sûr, calme, affectueux. Et tu te retrouves avec une petite boule de nerfs, qui aime bien les câlins mais quand il dort, et qui te fait des griffures dignes de la cicatrice d'Albator si tu oses le prendre sur toi pour lui faire faire son rot quand il a encore faim.

Au moins ça


Je n'aurais pas de mal à le laisser pleurer

Sauf que tu as beau être le sosie mental de super Nanny, quand ton enfant se tord de douleur ou qu'il pleure et est inconsolable, je peux te dire que tu as les boyaux qui font le grand huit.
Et ce qui me donne envie de rendre le contenu desdits boyaux, ce sont les gens-qui-savent qui te conseillent t'ordonnent de laisser ton bébé pleurer parce que "tu vas en faire un capricieux". Surtout quand tu sais qu'à cet âge, le caprice n'existe pas. Mais bon, ça fera l'objet d'un autre article. (Il y en a tellement à raconter) (et de nerfs à passer).


J'allaiterai

C'est le point qui me touche le plus. Parce que je n'ai pas pu.
J'ai lu des tas de témoignages pendant ma grossesse, racontant que des mamans n'avaient pas "un bon lait", qu'il n'était "pas nourrissant". J'ai appris avec ma sage-femme que le mauvais lait n'existe pas. Que parfois, pendant les pics de croissance, il n'est plus assez riche mais que le besoin de téter davantage est là pour stimuler la production et apporter au bébé ce dont il a besoin.
J'étais d'accord et je le suis toujours.
J'ai lu aussi que des mamans n'avaient pas pu allaiter car leur bébé ne tétait pas. Ma sage-femme m'a appris que le réflexe de succion est naturel, qu'il n'existe aucun bébé qui ne sait pas téter. Que c'est le geste le plus primaire et naturel, et que si on n'y arrive pas c'est que vraiment on n'est pas douée.
J'étais d'accord.
Et mon bébé est arrivé. Je n'ai pas fait la tétée d'accueil car on ne me l'a pas proposé et que j'étais trop dans le gaz pour essayer de bien placer ce tout petit être toute seule. Le lendemain, elle a commencé à pleurer. Puis à hurler. J'ai demandé de l'aide, on l'a placée à mon sein. Elle a commencé à téter, elle le lâchait à chaque fois, elle n'arrivait pas à le garder bien en bouche. Au bout d'une bonne heure, elle avait réussi à prendre la dose qu'il lui fallait et a dormi. Vingt minutes. Elle s'est réveillée en hurlant.
Je l'ai placée seule au sein, elle était tendue, raide comme un piquet, elle hurlait, s'étranglait, devenait rouge. J'ai appelé, on m'a trituré le sein pour faire sortir le téton (je n'ai pas la chance d'avoir des tétons-bouts-de-stylo), elle avait le sein dans la bouche mais ne la refermait pas, elle hurlait tout ce qu'elle pouvait.
C'est à ce moment-là que j'ai compris que ça allait être dur. Pendant 4 jours et 3 nuits, j'ai lutté, j'ai souffert, j'ai essayé encore et encore de lui donner ce que je voulais tant, de vivre cette complicité, ce rapprochement et ce lien qui se crée naturellement. Je n'ai pas réussi. La faute à mes seins, pas à elle.
N'empêche que ce qui était impossible selon ma sage-femme a été prouvé par ma fille.
Oui j'avais du lait
Oui ma fille tétait
Oui elle avait faim
Oui je voulais allaiter plus que tout au monde

Mais je n'ai pas pu. Enfin, j'aurais pu continuer, nous torturer elle et moi, mais j'ai voulu la voir bien, rassasiée, en forme et reprendre du poids. Alors j'ai demandé à essayer le biberon, et on m'a regardé de travers parce que depuis le début je disais que je voulais allaiter. Oui je le voulais, mais pas à n'importe quel prix. Pas pour voir ma fille affamée, énervée.
J'ai donné le biberon et c'était magique, elle était enfin apaisée. Elle dormait.
Chaque jour, j'ai réessayé de lui donner le sein. Elle commençait de téter, et voyant que ça ne venait pas assez rapidement, elle s'énervait.
On m'a donné des cachets pour arrêter la montée de lait. Je les jetais dans la poubelle, dans mon emballage de fromage blanc.
J'ai demandé à tirer mon lait, on m'a dit que ça servait à rien puisque je n'allaitais plus.
A mon rendez-vous chez le gynéco, je lui ai demandé de me prescrire un tire-lait électrique, il n'a pas voulu pour la même raison.

Alors oui, tous les bébés ont le réflexe de succion, seulement même quand tu as du lait qui coule tout seul, si ton bambin n'est pas patient, qu'il est affamé et que tu n'as pas de sein avec tétine intégrée, il est possible que tu aie du mal.
Tu peux avoir du mal et y arriver quand même si tu es épaulée. Ça n'a pas été mon cas.

Je veux bien entendre que je n'ai pas assez persévéré, peut-être que j'ai été découragée, c'est vrai. Mais qu'on ne vienne pas me dire que "je ne le voulais pas vraiment, sinon ça aurait marché". Surtout quand cette même parole vient d'un membre du personnel qui n'a rien fait pour rendre le moment agréable.

Même Mona Lisa elle était plus gâtée que moi



Une fois qu'ils sont là, nos bébés viennent dégommer un à un tous les principes qu'on s'était fixé ou imaginé. Et, avec du recul, ça me fait bien marrer de voir tout ce que j'imaginais, et la vie que j'ai aujourd'hui.

En vrai, c'est tellement plus marrant!



Laurie, sans-téton militante


PS: Est-ce nécessaire de préciser que la fameuse sage-femme n'a jamais eu d'enfant?