mercredi 26 mars 2014

Je t'aime, mais...

Avoir un bébé, c'est magique. C'est la plus belle chose qui puisse nous arriver. C'est tellement beau que même sans avoir eu d'enfant, on peut imaginer le bonheur qu'il procure.
Dès l'instant où on nous le pose dans les bras, on ressent un sentiment indescriptible, mélange d'amour inconditionnel et angoisse permanente.

On est mitraillé de questions: est-ce que ça va? est-ce qu'il va bien? tu dois être heureuse. Oui. Oui. Oui.
Oui, mais...
Il y a tellement de pensées contraires qui se bousculent, tellement d'amour et d'impuissance quand il pleure. Tellement d'admiration et de frustration quand on ne sait pas le calmer. Tellement de choses qu'on ne peut pas dire à voix haute, parce qu'on ne peut même pas se le dire à soi.

Quand on est rentrés tous les trois à la maison, on était de nouvelles personnes. La dernière fois qu'on avait passé cette porte ensemble, on était un couple. Aujourd'hui on est parents. Les premiers mois sont durs. Il faut trouver ses marques, reconnaître ses sentiments. Savoir se préserver aussi. C'est pour ça qu'aujourd'hui, j'ose le dire.



Je t'aime, mais j'en ai marre de te voir hurler, puis sourire dès que ton papa rentre.

Je t'aime, mais je sature quand tu te jettes en arrière pour hurler.

Je t'aime, mais j'aimerai tellement savoir (pouvoir) te laisser pleurer pour dormir un peu.

Je t'aime, mais je n'en peux plus de te voir aussi nerveuse.

Je t'aime, mais ça me tord le bide de ne pas pouvoir te calmer.

Je t'aime, mais j'ai mal quand rien ne te calme.



Mais surtout,

Je t'aime quand tu te réveilles, tes petits yeux encore fatigués, et que j'ai droit à ton premier sourire de la journée.

Je t'aime quand je vois chaque jour tes progrès.

Je t'aime quand tu te mets à gazouiller au milieu de la nuit.

Je t'aime quand tu t'endors sur moi, et que nos peaux transpirent l'une contre l'autre.

Je t'aime quand je pose ma tête sur ton ventre et que tu l'attrapes avec tes petites mains.

Je t'aime quand j'arrive à t'apaiser, et que tu me regardes de tes yeux remplis d'amour.



Ça fait mal de l'avouer, mais je crois que c'est normal de ressentir un ras-le-bol, une envie de fermer la porte, juste cinq minutes, pour retrouver le calme que l'on est en train de perdre. Je crois aussi que c'est important de l'admettre, et de savoir qu'on n'est pas un monstre pour autant.
Malgré ces moments difficiles, ces douleurs que tu fais parfois à mon cœur de maman, je n'échangerai ma place pour rien au monde.



Je t'aime, mais ... je t'aime.


Laurie