lundi 21 avril 2014

Connasse Power

Avant, j'étais une connasse. Mais ça, c'était avant (j'espère).

Même si on n'aime pas ça et qu'on critique les gens qui le font, on passe notre temps à juger les autres. Consciemment ou pas.
Je faisais partie de cette catégorie de personnes qui juge et s'indigne qu'on la juge.
Ça s'applique à tout ce qu'on fait, mais je vais me limiter à l'évolution de mon point de vue nullipare / primipare (ça fait déjà beaucoup, crois-moi).




Quand je voyais un enfant pleurer dans un magasin, je me disais que sa mère ne savait pas le tenir, ne lui tenait pas tête et ne pouvait rien lui refuser. C'était devenu un petit capricieux qui faisait sa loi.
Il ne me venait pas à l'esprit que le gamin pouvait pleurer justement parce que sa mère n'avait pas cédé.

Quand je lisais des articles sur des parents qui dormaient avec leur bébé parce qu'ils n'arrivaient pas à le coucher dans sa chambre, je pensais qu'ils n'étaient pas assez fermes. Je me disais que l'éducation se fait le plus tôt possible, et que si on commence à céder aux caprices de son enfant, on est un peu foutu pour la suite.
Je ne me suis jamais dit, avant d'être maman, qu'un nouveau-né ne fait pas de caprice, et qu'un bébé a besoin de contact pour être rassuré, après neuf mois passés dans le ventre de sa mère.

Quand je voyais des mamans prendre leur enfant dans les bras quand il pleurait, je pensais qu'elles étaient faibles. Résister aux pleurs, c'est pas sorcier, surtout quand on sait qu'il ne pleure pas de douleur mais juste par besoin.
Depuis que ma crevette est là, chaque pleur me tord le ventre, je sais quand je peux la laisser "s'exprimer" et quand elle a vraiment besoin de moi (oui, un câlin est un besoin).

Je trouvais que les femmes qui ne voulaient pas retourner travailler pour s'occuper de leur bébé étaient envahissantes, elles pouvaient bien le lâcher un peu.
Quand je pense que ça va bientôt être mon tour et qu'il faudra la laisser à quelqu'un, j'en suis malade.

Lorsque je voyais des femmes donner le biberon, je pensais qu'elles n'étaient pas mères à part entière, qu'une femme est faite pour nourrir son enfant.
Je n'ai jamais imaginé qu'elles avaient peut-être eu des difficultés, une maladie, un manque d'aide...

Je me disais que les femmes qui s'oubliaient, qui restaient en survet' avec un chouchou dans les cheveux ne faisaient pas d'effort pour se plaire et plaire à leurs maris.
Au final, aujourd'hui, j'ai un sweat, un legging et des chaussettes en pilou (trouées).



Je m'en veux d'avoir été cette fille qui juge, qui regarde de travers et critique celles qui n'ont pas suivi mon modèle imaginaire. Je suis sûre qu'en croisant mon regard, elles ont dû se dire "attends ma vieille, quand ce sera ton tour, je vais bien rigoler".
Et elles avaient raison.



Laurie, ex juge-connasse